Un relais de chasse solognot l’emporte sur les maisons d’hôtes trop léchées

juin 26, 2026

Dans le Relais des Étangs de la Motte, j’ai poussé la porte avec les mains froides, et j’ai pris d’un coup l’odeur de bois froid et de cire d’abeille. Les boiseries sombres, le salon avec cheminée et le mobilier patiné m’ont sorti de la tête les logements trop sages. Je n’étais pas venu chercher une carte postale, juste un week-end court en Sologne, à 187 euros la nuit. Dès l’entrée, j’ai compris que je n’allais pas juger ce lieu comme une chambre lisse. Je vais te dire pour qui ce relais vaut le coup, et pour qui c’est un piège.

Au départ, je cherchais juste un week-end au calme, mais j’ai vite senti que ce relais avait quelque chose en plus

Entre deux journées chargées et les allers-retours du quotidien, j’avais besoin d’un vrai sas, pas d’un séjour qui me rajoute de la fatigue. Je voulais deux nuits, rien avec un trajet simple depuis la sortie d’autoroute, à 12 minutes du bourg. Mon budget restait moyen, mais je préférais payer juste pour une atmosphère qui tienne. Je savais déjà que je ne cherchais pas une suite spectaculaire. Je cherchais une chambre où je pouvais respirer sans faire semblant d’apprécier le décor.

J’avais regardé des maisons d’hôtes très design sur Booking et Google Maps, avec leurs murs clairs, leurs fauteuils impeccables et leurs photos trop bien cadrées. J’avais aussi vu des hôtels plus standards, propres, nets, sans surprise, et justement, ça ne me parlait pas. J’avais l’impression qu’ils me demandaient d’acheter une image, pas une parenthèse. Le relais de chasse me tentait pour l’inverse. Je voulais voir si un lieu plus marqué pouvait me reposer davantage qu’une adresse polie.

Ce qui a fait pencher la balance, c’est ce côté sensoriel, presque physique, que je voulais tester malgré ma crainte du confort bancal. Le tarif restait lisible, 17 euros pour le petit-déjeuner, et je savais que je n’achetais pas un décor aseptisé. J’ai fini par réserver parce que la promesse n’était pas la perfection, mais une maison qui a du relief. J’avais un doute, oui, sur le chauffage et la salle de bain. C’est précisément ce doute qui m’a poussé à tenter le coup.

Ce qui fait vraiment la différence, c’est cette ambiance sensorielle que je n’ai jamais retrouvée ailleurs

À l’arrivée, j’ai senti tout de suite le bois qui craque sous les pas, le feu qui reprend dans l’âtre et les bottes posées près de l’entrée. Le râtelier, les vestes épaisses et les fauteuils un peu creusés installent un décor qui ne cherche pas à plaire à tout le monde. J’ai laissé mon manteau dans le salon et j’ai eu cette sensation rare d’entrer dans une maison habitée. Le silence extérieur était presque total, juste coupé par un oiseau, un chien au loin ou une porte cochère. Cette retenue sonore m’a changé des maisons d’hôtes trop tenues, où chaque détail semble posé pour la photo.

L’odeur m’a retenu plus longtemps que le reste. C’était l’odeur caractéristique, mélange de cire d’abeille, feu de bois et boiseries anciennes, qui crée un luxe immatériel. J’ai aussi retrouvé ce fond de pierre froide et d’humidité légère qui raconte un bâtiment ancien sans le maquiller. Ce n’est pas un luxe matériel. C’est un confort de sensation, plus subtil, plus difficile à copier, et je comprends mieux pourquoi j’y reviens dans ma tête.

Là où ça coince, c’est quand la maison rappelle franchement son âge. Les radiateurs tièdes, les draps froids et le chauffage lent à remonter la température dans les chambres à murs épais m’ont rappelé que je n’étais pas dans un hôtel neuf. Au réveil, la chambre restait fraîche pendant la première demi-heure, et j’ai senti cette humidité sur les murs sans pouvoir l’ignorer. La salle de bain suivait le même tempo, avec du carrelage ancien, une robinetterie fatiguée, une douche étroite et un débit irrégulier. Pas terrible. Vraiment pas terrible, quand tu espères juste te laver vite avant le petit-déjeuner.

J’ai aussi compris que l’insonorisation restait moyenne. J’entendais les pas dans le couloir et, une fois, une porte a claqué assez fort pour me sortir d’une demi-sieste. Le parquet a même craqué la nuit, et ce genre de bruit prend tout de suite plus de place dans un bâtiment ancien. J’ai pensé, un peu tard je l’avoue, qu’un décor patiné ne veut pas dire entretien léger. Les joints jaunis m’ont rappelé qu’un lieu peut avoir du charme et des petits renoncements en même temps.

Le dîner m’a fait changer de regard. Rien de grandiloquent, juste une cuisine simple, terrienne, avec du pain correct, une assiette nette et cette absence de manières qui me fatigue ailleurs. J’ai trouvé le repas plus juste que bien des tables trop scénographiées. Même le petit-déjeuner, avec ses confitures maison et son côté table de maison, m’a paru plus sincère qu’un buffet calibré. À ce moment-là, le confort a cessé d’être seulement technique. Il est devenu une question d’accord entre la maison, le feu et ce qu’on m’a servi.

Le jour où j’ai compris que ce relais n’était pas pour tout le monde

Je suis arrivé tard un soir d’automne humide, avec cette fatigue bête qui rend tout plus net. La chambre était froide malgré le chauffage, et j’ai senti tout de suite la sensation d’humidité sur les murs et la déco cynégétique trop marquée ont failli gâcher le séjour. Les trophées, les fusils décoratifs et le bois sombre n’avaient rien d’anodin. Pour moi, le malaise est monté d’un cran parce que je venais d’un état d’esprit très simple, presque naïf. Je voulais du calme, pas une immersion trop frontale dans un univers de chasse.

C’est là que je me suis dit que certaines personnes auraient intérêt à passer leur chemin. Des voyageurs avec un sommeil léger, quelqu’un qui veut une salle de bain actuelle et un réveil tiède, ou une personne gênée par les odeurs de maison ancienne n’y trouvera pas son compte. Je n’ai pas besoin d’un discours médical pour voir qu’une chambre fraîche et humide fatigue vite. Quand je sens les draps froids et que la douche hésite, je sais que mon seuil de tolérance descend très vite. Et j’ai appris à me méfier des lieux où le charme masque trop longtemps le quotidien.

Le point clé, c’est l’acceptation des aspérités. Si je veux un lieu sans angle mort, je suis déçue dès la première heure. Si j’accepte une part de raideur, je récupère le feu, le silence et cette sensation de refuge qui fait la différence le soir. C’est pour ça que je ne range pas ce relais dans la même case qu’une maison d’hôtes bien lissée. Il demande un peu de souplesse. Sans ça, la déception est programmée.

Si tu cherches une expérience chargée de sensations, voilà pour qui ce relais vaut vraiment le coup

Je le recommande d’abord aux amateurs d’histoire et d’ambiances chargées, surtout s’ils aiment les maisons qui gardent une mémoire visible. Quelqu’un qui cherche un luxe discret, avec cheminée, boiseries sombres et mobilier patiné, y trouve autre chose qu’une nuit à dormir. J’y vois aussi une adresse juste pour les voyageurs qui aiment sentir une maison avant même d’en examiner la literie. Si le décor trop sage t’ennuie, ce relais a une vraie personnalité. Il ne s’excuse pas de son âge, et c’est ce qui me plaît.

Je le trouve aussi bien pour ceux qui fuient les maisons d’hôtes trop formatées. J’ai fini par préférer cette maison parce qu’elle me laisse moins le sentiment d’être dans une vitrine. Le service n’est pas scolaire, la table n’a rien de prétentieux, et la présence du feu change la soirée. Pour quelqu’un qui accepte un confort imparfait mais cherche une vraie immersion, le calcul me paraît très bon. Le rapport qualité-prix se lit mieux hors saison humide, quand la chambre reste plus facile à chauffer.

Je le conseille enfin aux curieux qui aiment préparer leur séjour avec précision. Après cette nuit, j’ai arrêté de chercher des chambres trop photographiées et j’ai privilégié les descriptions claires sur le chauffage et la salle de bain. Je demande maintenant l’étage, l’exposition, et une chambre loin des zones de passage. Dans une maison comme celle-là, ces détails changent tout. J’ai aussi retenu qu’une chambre rénovée peut valoir quelques euros surtout si le bâtiment est ancien et les murs épais.

  • Une maison d’hôtes design, si tu veux une chambre plus uniforme et une salle de bain récente.
  • Un hôtel boutique standardisé, si tu préfères dormir sans surprise et sans bois sombre partout.
  • Une adresse plus récente, si le chauffage rapide compte davantage que le décor et la cheminée.

Je garde tout de même une réserve claire. Si tu ne supportes ni les pièces fraîches au lever, ni les couloirs qui craquent, ni les objets de chasse très visibles, je ne te pousserais pas là-dedans. J’ai aimé ce relais parce qu’il ne cherche pas à se faire passer pour autre chose. C’est aussi ce qui peut bloquer d’entrée.

À qui je le recommande, à qui je le déconseille

Au Relais des Étangs de la Motte, j’ai trouvé ce que les maisons d’hôtes trop léchées me retirent par moments, à savoir une présence, une odeur, une matière. J’ai préféré ce luxe d’expérience à la propreté trop neutre d’une chambre qui veut plaire à tout le monde. Le salon, le feu et le silence extérieur m’ont donné une vraie connexion au lieu. Je ne m’attendais pas à changer d’avis au dîner, et pourtant c’est arrivé. La maison a pris le dessus sur mes réserves, pas l’inverse.

La prochaine fois, je ferai deux choses autrement. Je réserverai hors période humide, et je demanderai noir sur blanc une chambre mieux chauffée, de préférence à l’écart du couloir. Je regarderai aussi si la salle de bain a été reprise, parce que le carrelage ancien et la robinetterie fatiguée cassent vite l’élan du séjour. Ce sont des ajustements simples, mais ils changent ma lecture de la nuit. J’ai appris qu’un relais comme celui-là se gagne au détail, pas au discours.

Pour qui oui

Je le recommande à deux voyageurs qui partent une ou deux nuits, avec un budget de 150 à 250 euros et un vrai goût pour les lieux marqués. Je le recommande aussi à quelqu’un qui aime marcher, rentrer avec des bottes mouillées, puis retrouver une cheminée qui chauffe la pièce. Je le recommande encore à un voyageur qui accepte de choisir sa chambre avec soin et qui préfère une atmosphère forte à une neutralité parfaite. Dans ce profil-là, le Relais des Étangs de la Motte peut devenir un très bon choix.

Pour qui non

Je le déconseille à des voyageurs qui veulent du pratique immédiat, une chambre chaude en 10 minutes et une salle de bain impeccable. Je le déconseille aussi à quelqu’un qui supporte mal les odeurs de bois, d’humidité légère ou les décors cynégétiques très présents. Je le mets de côté pour les voyageurs qui ne veulent aucun bruit de plancher, aucune douche capricieuse et aucune surprise visuelle. Pour ces profils-là, le charme devient vite une contrainte.

Mon verdict : je choisis ce relais de chasse solognot parce qu’il donne plus qu’un lit, il donne un lieu, et c’est exactement ce que je cherchais. Pour quelqu’un qui accepte de composer avec une chambre variable et qui a envie d’un séjour court, le pari vaut le coup. Pour quelqu’un qui veut du neuf, du lisse et du silencieux au millimètre, c’est non. Au final, le Relais des Étangs de la Motte mérite d’être connu, mais je le réserve sans détour à ceux qui aiment qu’une nuit laisse une trace.

Célestine Laforge

Célestine Laforge publie sur le magazine Renardières des contenus consacrés à la gastronomie française, à l’hôtellerie de prestige et aux séjours inspirés par l’art de vivre à la française. Son approche repose sur la clarté, la qualité de sélection et une lecture structurée des lieux, des tables et des expériences présentés.

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