Ce que ça fait vraiment d’arriver en train à vendôme et filer à vélo vers lavardin en plein juin

juin 15, 2026

Le frein de mon vélo a couiné quand j'ai quitté le parvis de la gare de Vendôme, et le quai a disparu derrière moi en quelques coups de pédale. Depuis ma base en région rouennaise, je suis partie tôt vers Vendôme pour rejoindre Lavardin en juin, avec ce mélange de curiosité et de prudence que j'ai toujours avant une sortie nouvelle. Le bruit du train s'est effacé derrière le roulement sur le revêtement granuleux, et j'ai été frappée par ce calme net. Je savais déjà, à ce premier virage, que la journée tiendrait autant au trajet qu'au village.

Avant de partir, ce que j’avais en tête

En tant que Rédactrice spécialisée en art de vivre et gastronomie pour magazine en ligne, je regarde toujours ce que le trajet dit d'un lieu. Depuis 15 ans, je signe plus de 40 publications par an, et ma Licence en Lettres Modernes (Université de Rouen, 2006) m'a appris à traquer les détails concrets. Je vis avec mon compagnon, sans enfants, et je choisis mes escapades avec cette même envie de netteté. Cette fois, je voulais une sortie qui ne me prenne pas toute la journée et qui laisse un peu de marge au retour.

J'ai été convaincue par l'idée de juin parce qu'elle promettait une lumière claire sur le Loir et une liaison lisible entre deux points précis. Le Guide Michelin m'a toujours appris à regarder les transitions autant que les arrivées, et c'est exactement ce que je cherchais ici. Je suis devenue méfiante des cartes trop sages, alors j'espérais surtout un rythme doux, des pauses faciles et une découverte sans cérémonie. J'étais sûre de moi, du moins sur le papier.

Pour la réservation vélo, j'ai vérifié la SNCF à la dernière minute, avec ce petit stress qui serre la nuque. J'avais glissé deux gourdes dans mes sacoches, contrôlé la pression des pneus et gardé un coupe-vent fin. Avec mon compagnon, sans enfants, je sais que je pars mieux quand je ne laisse rien au hasard. Je ne prétends pas juger la mécanique comme une technicienne, alors pour la transmission et le gonflage fin, je laisse un vélociste parler.

Quand le bruit du train a cédé la place aux petites routes

À la sortie de Vendôme, j'ai eu ce basculement très net que j'aime dans les départs simples. Le vacarme du train me restait encore dans les oreilles, puis le vélo a pris le relais avec son roulement sec sur une chaussée un peu granuleuse. L'itinéraire était lisible, et je n'ai pas tourné en rond dans la ville. J'ai aimé ce moment où je me suis retrouvée dehors, déjà engagée, sans avoir l'impression de rester coincée dans un centre urbain. Les premiers mètres étaient presque fluides, mais le premier croisement m'a rappelé que je roulais sur des routes partagées.

Très vite, les haies ont repris le dessus et les passages ombragés ont calmé la lumière. L'odeur d'herbe chaude m'est montée au nez dès le premier arrêt sous un arbre, avec cette sensation un peu sèche de juin qui colle à la gorge. Dans les portions ouvertes, l'air devenait plus exposé, plus sec aussi, et ma nuque chauffait plus vite que prévu. J'ai été frappée par la douceur apparente du décor, qui cachait déjà une vraie demande d'attention.

Le plus gênant, ce n'était pas une difficulté unique, mais une suite de petites contraintes. L'absence de piste cyclable continue m'a obligée à garder le regard haut, parce que les voitures arrivaient plus vite que je ne l'avais anticipé. J'ai galéré sur deux lignes droites où une bosse cassait la relance au moment exact où je pensais retrouver de l'élan. Avec la chaleur qui montait, le maillot collait dans le dos, et chaque arrêt devenait plus tentant que le précédent.

Je n'avais pas mesuré l'effet du vent dans la vallée, et c'est là que j'ai payé ma confiance. Sur une portion plus ouverte, j'ai senti le vélo tirer davantage, comme si la route avait gagné du poids. Je me suis retrouvée à boire trop vite, puis à compter les bornes au lieu de regarder les haies. J'ai fait deux arrêts improvisés au bord du Loir, juste pour souffler et avaler quelques gorgées avant de repartir.

Quand Lavardin a commencé à se dessiner

Lavardin ne s'est pas montré d'un bloc. Depuis une portion plus ouverte, j'ai vu le relief se dessiner au loin, avec les pierres qui accrochaient la lumière et la pente qui changeait tout. J'ai été frappée par ce moment de bascule, parce que le village cessait d'être un nom sur une carte. Il devenait un lieu d'arrivée, avec une présence nette. À partir de là, le trajet prenait un autre goût.

Les derniers kilomètres m'ont paru plus lourds que je ne l'avais imaginé. Le vélo chargé et la pression moyenne des pneus donnaient une sensation de trainée sur chaque relance, surtout dans les petites montées d'approche. J'ai dû passer un braquet plus souple dans un virage serré, puis reprendre mon souffle sans chercher à faire brave. J'avais sous-estimé ces détails-là, et la carte, une fois encore, semblait avoir lissé le relief un peu trop vite.

L'arrivée dans le village m'a paru presque silencieuse après la route. Les ruelles serrées, les pierres claires et l'ombre des façades changeaient tout d'un coup. Je suis rentrée dans Lavardin avec une fatigue nette, mais sans agacement. J'ai senti la poussière fine sur mes mollets et l'air plus frais entre deux murs, et ce contraste m'a apaisée plus que je ne l'avais prévu.

Ce que je referais autrement

Depuis mes années comme Rédactrice spécialisée en art de vivre et gastronomie pour magazine en ligne, je sais qu'un trajet se juge aussi à sa respiration. Après ces 15 ans, je me méfie des distances qui paraissent courtes sur la carte et longues dès qu'un vent de vallée se lève. J'ai retenu qu'il me fallait partir plus tôt, emporter plus d'eau et garder une marge pour les petites côtes. Avec le recul, c'est moins la distance qui m'a fatiguée que l'enchaînement chaleur, vent et vigilance.

  • J'ai bien fait de prendre le train jusqu'à Vendôme, parce que la sortie a commencé sans flottement inutile.
  • J'ai mal fait de sous-estimer la chaleur de juin, car ma gorge s'est asséchée trop vite.
  • J'ai eu raison de vérifier la réservation vélo, même tard, parce que l'embarquement était plus contraint que prévu.

Je referais le trajet sans hésiter, mais pas dans le même état d'esprit. Le départ en train reste agréable, et l'arrivée progressive vers Lavardin donne une vraie tenue à la journée. En revanche, je ne partirais plus tard, et je ne laisserais plus une seule gourde à moitié vide au fond de la sacoche. Pour quelqu'un qui accepte un relief modéré, quelques portions partagées et un vent qui peut surprendre, ce parcours a une élégance simple.

Je n'oublierai jamais ce moment précis où, en pédalant sous le soleil de juin, j'ai senti la gorge se serrer. Pas de fatigue, juste parce que je réalisais que j'avais négligé un détail simple. La gourde était à moitié vide, et je l'avais trop vite considérée comme suffisante. Je suis rentrée avec cette petite leçon en tête, plus tenace que le souvenir du vent.

Célestine Laforge

Célestine Laforge publie sur le magazine Renardières des contenus consacrés à la gastronomie française, à l’hôtellerie de prestige et aux séjours inspirés par l’art de vivre à la française. Son approche repose sur la clarté, la qualité de sélection et une lecture structurée des lieux, des tables et des expériences présentés.

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