Perche vendômois et Sologne : mon verdict de table, sans décor inutile

mai 23, 2026

Dans les auberges du Perche vendômois, l'odeur de beurre chaud et de sauce au fond brun m'a accueillie dès la porte, à l'Auberge de la Porte d'Asnières. Depuis la région rouennaise, je suis partie deux jours en Perche vendômois puis en Sologne pour comparer cuisine, cadre et rapport qualité-prix. En tant que Rédactrice spécialisée en art de vivre et gastronomie pour magazine en ligne, j'ai regardé l'assiette avant le décor, et je vais te dire ce qui fonctionne, et ce qui déçoit.

Quand la carte du jour m'a parlé

Depuis ma Licence en Lettres Modernes (Université de Rouen, 2006), je regarde une carte comme un texte. Si elle s'étire, je décroche. Si elle va droit au plat du jour, je tends l'oreille. Au Perche vendômois, la carte ramassée, par moments écrite à la main, m'a paru saine tout de suite.

J'ai été convaincue par cette simplicité après 15 ans de travail rédactionnel et plus de 40 publications par an. Je garde les repères du Guide Michelin, mais je ne leur laisse pas le dernier mot. Le midi, j'ai vu des additions à 24 euros, et la logique tenait parce que l'assiette suivait le marché, pas une mise en scène.

On vit à deux, mon compagnon et moi, sans enfants, et ce format de déjeuner me parle mieux qu'un grand dîner qui s'étire. Le plat arrivait très chaud, avec des légumes juste tombés au beurre et encore un peu fermes. Le pain et le beurre venaient vite, par moments avant même que je range mon carnet. L'attente entre les plats restait autour de 12 minutes, et la cadence gardait du nerf.

Avec mon compagnon, sans enfants, je préfère une maison qui sert droit plutôt qu'une salle qui veut épater. Dans le Perche vendômois, j'ai trouvé cette franchise plusieurs fois. Je suis rentrée avec l'idée qu'une cuisine simple peut être plus fiable qu'une table plus habillée.

Quand la salle solognote a brouillé mon jugement

En Sologne, j'ai commencé par la salle. Nappage soigné, verres plus lourds, service posé, presque cérémonieux. J'ai été frappée par l'aisance du décor, puis par une assiette qui arrivait par moments tiède alors qu'elle promettait plus.

C'est là que j'ai compris mon erreur. Je m'étais fiée au velours visuel, pas à la carte du jour, et j'ai payé ce réflexe avec un gibier sec et un jus trop court. Le moment de bascule est venu au premier coup de fourchette, quand la viande n'avait plus son jus. Depuis, j'ai arrêté de juger une table solognote sur le décor seul, et je regarde d'abord ce qu'elle annonce le jour même.

J'ai aussi vu une carte trop ambitieuse dans une petite auberge. Les plats sortaient au ralenti, l'entrée refroidissait, le pain se tassait, et mon envie tombait avec lui. Oui, je sais, je m'étais juré de ne plus faire ça. Une attente de 18 minutes restait supportable, mais plus que 20 minutes, la salle changeait de visage.

Le dessert maison n'a pas arrangé les choses. Après un repas déjà riche, une crème trop dense ou une tarte lourde alourdissait la fin. À l'automne, le gibier et les champignons peuvent donner une belle profondeur, mais hors saison la carte paraît plus banale, presque éteinte. J'ai été plus attentive ensuite au moindre détail de cuisson, et là le décalage est devenu évident.

Quand l'addition a tranché

Mon travail de Rédactrice spécialisée en art de vivre et gastronomie pour magazine en ligne m'a appris qu'une note ne ment pas longtemps. Le midi, dans le Perche vendômois, j'ai vu des additions à 24 euros, puis à 30 euros, et la lecture restait nette quand la cuisson suivait. Le soir, en Sologne, certaines tables grimpaient à 45 euros, d'autres à 70 euros, et j'attendais alors une tenue plus ferme.

Le vrai point de bascule, c'est le plat principal quand la sauce nappe juste, que la viande garde son jus et que la garniture arrive au bon moment. Dans le Perche, cette netteté me parlait plus que le décorum. En Sologne, j'ai eu plusieurs assiettes très jolies, mais moins précises qu'elles n'en avaient l'air.

Je ne prétends pas faire une évaluation technique hôtelière officielle, et pour ce registre je renvoie à une professionnelle de gestion hôtelière. Moi, je regarde le rythme du service, la chaleur de l'assiette, le pain posé vite, et la façon dont un fond brun tient la route. Quand le repas tient cette ligne, je me sens en confiance. Quand il la perd, je le vois tout de suite.

Le Perche vendômois m'a paru plus juste au déjeuner, surtout avec une formule simple et une salle calme. La Sologne peut être plus séduisante sur la forme, mais elle demande un vrai contrôle de cuisson et une carte resserrée. J'ai fini par y chercher moins de promesse et plus de précision.

À qui je le recommande, à qui je le déconseille

Pour qui oui

Je le recommande à un couple sans enfant qui déjeune en semaine avec 24 euros ou 30 euros par personne et qui veut une assiette courte, nette, sans démonstration. Je le recommande aussi à quelqu'un qui accepte un plat du jour annoncé oralement, une carte ramassée et un service qui va droit au but. Dans ce cadre, le Perche vendômois m'a paru très solide.

Je le recommande encore à une personne qui veut une volaille bien cuite, des légumes encore un peu fermes et une addition lisible. pour qui veut une maison qui garde le ton de la campagne sans grand apparat, le Perche a de bonnes chances de vous satisfaire. On vit à deux, mon compagnon et moi, sans enfants, et ce genre de table correspond bien à nos déjeuners tranquilles.

Pour qui non

Je le déconseille à toute personne qui paie 45 euros ou 70 euros le soir et attend une régularité parfaite. La Sologne peut être très habillée, mais si la viande sèche, si le jus est trop court ou si l'assiette arrive tiède, la déception est immédiate. J'ai vu ce décalage plusieurs fois, et il m'a laissée froide.

Je le déconseille aussi à qui supporte mal 18 minutes d'attente ou une carte qui grossit pour faire chic. Si tu veux une lecture franche du terroir et pas une mise en scène, la carte du jour doit primer sur le nappage. Pour quelqu'un qui accepte de payer plus cher pour une salle plus soignée, la Sologne peut tenir la route, mais pas sur le seul décor.

Mon verdict : je choisis le Perche vendômois pour un déjeuner net, à 24 euros ou 30 euros, et je laisse la Sologne à quelqu'un qui accepte un service plus lent, une cuisine plus lourde et une note de 45 euros ou 70 euros pour une salle plus habillée. À l'Auberge de la Porte d'Asnières, j'ai trouvé ce que je cherche le plus à deux : une cuisine simple, précise, et un repas qui ne triche pas.

Célestine Laforge

Célestine Laforge publie sur le magazine Renardières des contenus consacrés à la gastronomie française, à l’hôtellerie de prestige et aux séjours inspirés par l’art de vivre à la française. Son approche repose sur la clarté, la qualité de sélection et une lecture structurée des lieux, des tables et des expériences présentés.

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